
- Seule la FDJ peut exploiter des loteries en point de vente et en ligne ; ses règlements sont homologués par l'Autorité nationale des jeux (ANJ). Aucune loterie étrangère n'est autorisée en France.
- Exceptions : loteries et tombolas d'associations (lots en objets, autorisation du maire), lotos traditionnels (mises inférieures à 20 €), jeux de fêtes foraines.
- Part des mises reversée aux gagnants : de 45 % à 75 % selon la loi, de 51,7 % (EuroMillions) à 54,35 % (Loto) pour le Loto, l'EuroMillions et l'EuroDreams.
- Gros lot (rang 1) : 1 chance sur 19 068 840 au Loto, 1 sur 139 838 160 à l'EuroMillions, 1 sur 19 191 900 à l'EuroDreams.
- Un message annonçant un gain à une loterie à laquelle on n'a pas joué est une escroquerie.
Ce qu'est une loterie
Trois éléments : une offre, du hasard, une mise
Le Code de la sécurité intérieure ne définit pas la loterie seule : il définit le jeu d'argent et de hasard, dont la loterie est une famille. Selon l'article L. 320-1, ce sont « toutes opérations offertes au public, sous quelque dénomination que ce soit, pour faire naître l'espérance d'un gain qui serait dû, même partiellement, au hasard et pour lesquelles un sacrifice financier est exigé de la part des participants ». Le sacrifice financier existe dès qu'une avance d'argent est demandée, même si le règlement prévoit un remboursement possible[1]. Pour la définition générale, voir la page Jeu d'argent : définition. La différence avec le jeu de hasard est expliquée sur la page consacrée au jeu de hasard.
Une interdiction de principe
L'article L. 320-1 ouvre sur une phrase : « Sous réserve des dispositions de l'article L. 320-6, les jeux d'argent et de hasard sont prohibés. » L'article L. 320-2 en tire la conséquence : les jeux autorisés par dérogation « ne sont ni un commerce ordinaire, ni un service ordinaire » et sont placés sous un régime de droits exclusifs, d'autorisation ou d'agrément délivrés par l'État. La règle figure aujourd'hui dans le Code de la sécurité intérieure (la loi du 21 mai 1836, qui prohibait les loteries, a été abrogée le 1er mai 2012 : Légifrance[3]).
Les loteries autorisées en France
L'article L. 320-6 du Code de la sécurité intérieure liste ce qui peut être autorisé par dérogation. Pour les loteries, cela donne :
| Loterie | Qui peut l'organiser | Conditions fixées par la loi | Texte |
|---|---|---|---|
| Loto, EuroMillions, EuroDreams, Keno, jeux de grattage, en point de vente et en ligne | La FDJ seule, sous droits exclusifs | Règlement homologué par l'ANJ ; part des mises reversée encadrée par décret ; interdit aux mineurs | L. 322-8 à L. 322-12 |
| Loterie ou tombola d'association | Une association, sans être opérateur de jeux | Lots en objets mobiliers, produit destiné à une cause d'intérêt général, autorisation du maire (ou déclaration en mairie pour une association reconnue d'utilité publique) | L. 322-3 |
| Loto traditionnel (« quine », « rifle », « poule au gibier ») | Une association, dans un cercle restreint | Mises inférieures à 20 € ; lots qui ne peuvent « en aucun cas » être des sommes d'argent | L. 322-4 |
| Jeux de fêtes foraines | Les forains | Pendant la durée et dans l'enceinte de la fête ; nature et valeur des lots fixées par règlement | L. 322-5 |
Source : Code de la sécurité intérieure[1] et Code de la consommation[2], éditions du 15/10/2026 (CSI) et du 10/10/2026 (Code de la consommation).
Un jeu-concours gratuit n'est pas une loterie, faute de mise ; le Code de la consommation interdit toutefois les tirages au sort promotionnels déloyaux (art. L. 121-20). Organiser une loterie hors de ces cas est puni de trois ans d'emprisonnement et de 90 000 € d'amende (art. L. 324-1).
Le monopole de la FDJ
L'exploitation des loteries « en réseau physique de distribution et en ligne » est confiée à une personne morale unique, désignée par la loi du 22 mai 2019[1] : la FDJ. L'ANJ décrit ce régime comme un monopole, et homologue les règlements de chaque jeu[5]. Nul ne peut vendre ces jeux ni exploiter leurs résultats sans l'autorisation de la FDJ, et la revente à un prix supérieur à la mise est interdite (L. 322-12), sous peine de trois ans d'emprisonnement et de 200 000 € d'amende (art. L. 324-11).
La loi classe les jeux de la FDJ en deux familles (art. L. 322-9-1 et L. 322-9-2) :
- les jeux de tirage, où le hasard prend la forme d'un tirage commun à tous les joueurs : tirages traditionnels (un par jour au plus, comme le Loto), tirages successifs (plusieurs fois par jour) et tirages additionnels (en complément d'un autre jeu) ;
- les jeux instantanés, où le résultat est propre à chaque joueur et connu tout de suite : jeux de grattage, jeux à aléa immédiat et jeux instantanés additionnels.
Loteries d'associations et lotos traditionnels
Ces exceptions exigent des lots en objets, jamais en argent (art. L. 322-3 : « objets mobiliers » ; art. L. 322-4 : jamais de sommes d'argent) ; les lots peuvent être des bons d'achat non remboursables. Elles sont aussi accessibles aux mineurs (art. L. 320-7) ; voir Jeunes et mineurs.
Une histoire courte : de la Loterie nationale à la FDJ
La Loterie nationale naît avec la loi de finances du 31 mai 1933, qui autorise le gouvernement à organiser une loterie[4]. Selon FDJ United, le premier gagnant remporte 5 millions de francs au tirage du 7 novembre 1933, et le premier tirage du Loto a lieu le 19 mai 1976[7].
Les loteries de la FDJ en un tableau
Le tableau reprend les chiffres des pages du site consacrées à chaque jeu. Prix : Loto, EuroMillions et EuroDreams relevés sur fdj.fr le 30/10/2026 ; Keno (mises de 2 à 10 €) et jeux à gratter d'après les pages du site et les règlements consultés le 23/10/2026.
| Loterie | Prix | Part reversée aux gagnants | Probabilité du gros lot (par grille) | Perte moyenne pour 100 € misés | Page du site |
|---|---|---|---|---|---|
| Loto | 2,20 € la grille | 54,35 % (règlement du 4 mai 2026) | 1 sur 19 068 840 | 45,65 € | Chances de gagner au Loto |
| EuroMillions | 2,50 € la grille (My Million compris) | 51,7 % | 1 sur 139 838 160 | 48,30 € | Chances de gagner à l'EuroMillions |
| EuroDreams | 2,50 € la grille | 52 % | 1 sur 19 191 900 (rente de 20 000 € par mois pendant 30 ans) | 48 € | Chances de gagner à l'EuroDreams |
| Keno | de 1 € à 10 € la grille | 59,5 % pour l'ensemble du jeu (ANJ) ; 47 % à 53 % par grille sans option | 1 sur 4 446 435 (10 numéros trouvés sur 10) | 47 à 53 € (grille de 2 € sans option) | Chances de gagner au Keno |
| Jeux à gratter | de 1 € à 10 € le ticket | 64,5 % à 73,5 % pour les neuf jeux étudiés (62 % à 75 % imposés par jeu) | Variable selon le jeu ; un lot sur 3,2 à 4,3 tickets, mais un gain supérieur à la mise sur 5,5 à 7,0 tickets | 26,50 € (ticket à 10 €) à 35,50 € (ticket à 1 €) | Jeux à gratter |
Sources : chiffres des pages du site, d'après les règlements des jeux (FDJ, ANJ). Le Keno est détaillé par nombre de numéros cochés sur sa page ; la part de 59,5 % est celle que donne l'ANJ pour le jeu pris globalement.
Comment lire ce tableau
Pour 100 € misés, la perte moyenne va de 26,50 € (jeux à gratter, ticket à 10 €) à 53 € (Keno, grille de 10 numéros sans option) ; le ticket à gratter à 1 € fait perdre 35,50 €. Les jeux de grattage reversent une part plus élevée que les jeux de tirage, mais leur résultat est connu tout de suite. Le gros lot de l'EuroMillions est 7,3 fois moins probable que celui du Loto. Pour comparer ces taux avec ceux des paris et des machines à sous, voir Taux de retour au joueur.
Ce que dit la loi sur la part reversée
Pour les loteries, l'article D. 322-10 du Code de la sécurité intérieure (version issue du décret n° 2026-540 du 25 juin 2026) fixe des fourchettes. En moyenne pour l'ensemble des jeux de loterie, comme pour chaque jeu, l'espérance de gain doit être comprise entre 45 % et 75 % du total des mises. Par catégorie, la part affectée aux gagnants est comprise entre :
- 50 % et 60 % pour chaque jeu de tirage traditionnel ;
- 60 % et 72 % pour chaque jeu à tirages successifs ;
- 50 % et 70 % pour chaque jeu de tirage additionnel ;
- 62 % et 75 % pour chaque jeu de grattage, avec 70,5 % au plus en moyenne sur l'ensemble de la gamme ;
- 65 % et 75 % pour chaque jeu à aléa immédiat[1].
La loi fixe donc un plafond : aucun jeu de loterie ne peut rendre plus de 75 % des mises.
Loteries étrangères et loteries interdites
Une loterie étrangère n'est pas autorisée en France
Seule la FDJ est autorisée à exploiter des loteries en France, en ligne comme en point de vente (CSI, art. L. 322-8). L'ANJ précise que, hors des opérateurs agréés et du site de la FDJ, aucun site de jeu d'argent n'est autorisé en France et qu'une licence étrangère n'a pas de valeur légale reconnue[6]. Elle liste parmi les risques d'un site illégal la triche possible, des gains rarement payés et l'absence de recours légal. Les repères pour distinguer un site autorisé figurent sur la page jeu en ligne légal ou illégal.
« Vous avez gagné » : les faux gains de loterie
Il est impossible de gagner à une loterie sans avoir joué. Cybermalveillance.gouv.fr décrit le schéma : un courriel, parfois un SMS, semble venir d'une loterie connue et annonce un gain important ; la victime doit contacter un prétendu huissier, notaire ou avocat, fournir des données personnelles ou une copie de sa pièce d'identité, parfois payer des « frais administratifs ». Selon le site, les loteries « ne contacteront pas directement le gagnant de la loterie en cas de gain », et la FDJ rappelle qu'on ne doit jamais verser d'argent pour disposer d'un gain[13]. Les démarches (signaler au 33700, faire opposition à sa banque, porter plainte) sont détaillées sur la page Arnaques au jeu en ligne.
Les risques de la loterie en chiffres
- Le premier poste de pertes. Selon l'OFDT, les jeux de loterie ont généré 6,044 milliards d'euros de produit brut des jeux en 2025, soit 42,8 % du total de 14,1 milliards, et 111 euros par adulte en moyenne, contre 259 euros pour l'ensemble des jeux[11]. Cette moyenne porte sur tous les adultes, joueurs ou non.
- Les jeux les plus pratiqués. En 2023, 34,2 % des 18-75 ans avaient joué à un jeu de tirage et 30,9 % à un jeu de grattage dans l'année, loin devant les paris sportifs (6,7 %)[11].
- Un risque plus faible que les paris, mais réel. Part de joueurs à pratique problématique (indice ICJE) parmi ceux dont c'est le jeu principal : 2,6 % pour le tirage, 3,4 % pour le grattage, contre 15,3 % pour les paris sportifs et 17,2 % pour les paris hippiques et le poker[12]. Les critères de la dépendance figurent sur la page Addiction au jeu.
- Le résultat immédiat du grattage. Le ticket est le jeu le plus pratiqué par les adolescents : parmi les jeunes de 17 ans, 27,5 % avaient joué à un jeu d'argent dans l'année en 2022, et 18,9 % au grattage[11]. La vente et l'offre de loterie à un mineur sont interdites (CSI, art. L. 320-8).
- Les idées reçues. Les numéros « en retard » et les combinaisons « chanceuses » sont des fausses croyances du joueur.
L'interdiction volontaire de jeux couvre le site de jeux en ligne de la FDJ et ses bornes en libre-service (art. L. 320-9-1 II, rédaction de la loi du 3 août 2026 : casinos, sites agréés, site de la FDJ et terminaux sans vendeur). Un joueur interdit ne peut pas non plus jouer avec un compte joueur en point de vente (art. L. 320-9, al. 2) ; sans compte, elle ne couvre pas l'achat d'un ticket au comptoir d'un buraliste. Pour faire le point avant de décider, le test sur le rapport au jeu est un point de départ.
En cas de difficulté avec le jeu
Joueurs Info Service : 09 74 75 13 13, 7 jours sur 7, de 8h à 2h, appel non surtaxé. En cas de pensées suicidaires : 3114, 24h/24.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une loterie ?
Un jeu d'argent dans lequel un participant mise une somme pour tenter de gagner un lot désigné par le hasard, par tirage ou par ticket. La loi française range les loteries parmi les jeux d'argent et de hasard, interdits par principe sauf dérogation (CSI, art. L. 320-1 et L. 320-6).
Quels sont les numéros les plus chanceux ?
Aucun. Selon la FDJ, chaque tirage est indépendant des précédents, les statistiques des numéros sortis n'ont « aucune valeur prédictive » et aucune combinaison ne vaut statistiquement mieux qu'une autre[10].
Sources
- Code de la sécurité intérieure, articles L. 320-1, L. 320-2, L. 320-6 à L. 320-9-1, L. 322-3 à L. 322-5, L. 322-8 à L. 322-12, L. 324-1, L. 324-3, L. 324-11, D. 322-10 (export codes.droit.org, édition du 15/10/2026) : https://codes.droit.org/PDF/Code%20de%20la%20s%C3%A9curit%C3%A9%20int%C3%A9rieure.pdf
- Code de la consommation, article L. 121-20 (export codes.droit.org, édition du 10/10/2026) : https://codes.droit.org/PDF/Code%20de%20la%20consommation.pdf
- Légifrance, loi du 21 mai 1836 portant prohibition des loteries (article 1 abrogé le 1er mai 2012) : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000515396
- Sénat, étude de législation comparée n° 171 (loi du 31 mai 1933) : https://www.senat.fr/lc/lc171/lc171.pdf
- ANJ, « Les jeux de loterie » : https://anj.fr/les-jeux-de-loterie
- ANJ, « Offre illégale » : https://anj.fr/joueurs/offre-illegale
- FDJ United, « Histoire » : https://www.fdjunited.com/fr/histoire/
- FDJ, « Comment jouer au Loto » (prix, tirages) : https://www.fdj.fr/jeux-de-tirage/loto/comment-jouer
- FDJ, page Transparence (répartition d'un euro joué, 2025) : https://www.fdj.fr/transparence/Transparence.html
- FDJ, « Quels sont les numéros les plus tirés à EuroMillions ? » (mai 2026) : https://www.fdj.fr/mag/questions/article-quels-sont-les-numeros-les-plus-tires-euromillions
- OFDT, « Les jeux d'argent et de hasard en France en 2025 » (septembre 2026) : https://www.ofdt.fr/sites/ofdt/files/2026-10/note-bilan-jah-2025.pdf
- OFDT, rapport EROPP 2023 sur les jeux d'argent et de hasard : https://www.ofdt.fr/sites/ofdt/files/2025-03/rapport_eropp_jah-2023.pdf
- Cybermalveillance.gouv.fr, « Les escroqueries à la loterie » (mis à jour le 17/09/2026) : https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/actualites/escroqueries-a-la-loterie
- Pages du site (chiffres du tableau) : Loto, EuroMillions, EuroDreams, Keno, jeux à gratter (liens dans le tableau).
- Wikimedia Commons : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Le_billet_de_Loterie_nationale_-_btv1b53280977p.jpg
Photo d'en-tête : Patrick, Pexels



