
- La demande est personnelle : seul l'intéressé peut la formuler, ou, pour un majeur protégé, la personne chargée de la mesure de protection et habilitée à cet effet.
- Elle est ouverte aux personnes majeures, sur présentation d'une copie d'une pièce d'identité valide.
- L'interdiction dure trois ans, renouvelables tacitement : elle se poursuit tant que sa levée n'est pas demandée.
- Elle couvre les casinos, les clubs de jeux, les sites agréés et les bornes de jeu en libre-service, mais pas les jeux achetés auprès d'un vendeur en point de vente.
- L'inscription est confidentielle.
Objet du dispositif
L'interdiction volontaire de jeux vise à protéger les personnes qui constatent une perte de contrôle de leur pratique. Elle ne traite pas l'envie de jouer, mais elle rend l'accès au jeu légal plus difficile et peut accompagner une démarche de soin.
Le recours au dispositif progresse. Selon l'ANJ, plus de 85 000 personnes sont inscrites, contre 40 000 en 2021, et 19 000 nouvelles inscriptions ont été enregistrées en 2024[4].
L'ANJ gère le fichier des interdits de jeux depuis le 1er janvier 2021[6].
Les jeux concernés

Selon l'article L. 320-9-1 du Code de la sécurité intérieure[10], dans sa rédaction issue de la loi n° 2026-725 du 3 août 2026, l'inscription interdit :
- l'accès aux casinos et aux clubs de jeux sur l'ensemble du territoire ;
- les sites de jeux en ligne agréés par l'ANJ : paris sportifs, paris hippiques, poker ;
- le site en ligne de la FDJ ;
- les bornes et terminaux de jeu en libre-service, utilisés sans vendeur.
Les limites de la mesure
Depuis la loi du 3 août 2026, l'interdiction volontaire ne vise plus les jeux enregistrés par un vendeur en point de vente (bureau de tabac, point PMU), même avec un compte joueur : seule l'interdiction administrative s'applique à ces postes[10]. Certaines fiches publiques, rédigées avant cette loi, décrivent encore la règle précédente. Les tickets de Loto ou de grattage achetés en point de vente restent donc hors de la mesure. Lorsque ces jeux sont en cause, un accompagnement par un centre de soins en addictologie (CSAPA) ou par Joueurs Info Service permet d'envisager d'autres protections.
Les sites illégaux, dont les casinos en ligne, ne consultent pas le fichier. Ils restent accessibles et n'offrent aucune garantie au joueur.
La démarche
Pièce justificative
La seule pièce exigée est « une copie lisible d'une pièce d'identité en cours de validité » (ANJ).
Demande en ligne
La demande se dépose sur interdictiondejeux.anj.fr[1]. L'identité est vérifiée au moyen d'un « selfie dynamique », une courte vidéo du visage. Par cette voie, l'inscription prend effet en quelques jours.
Demande par courrier
La demande peut également être adressée à l'ANJ par lettre recommandée avec avis de réception, accompagnée de la copie de la pièce d'identité. Les modalités et l'adresse figurent sur la fiche service-public.fr[2]. Dans ce cas, l'inscription « démarre quand l'ANJ reçoit l'avis attestant de votre bonne réception du pli recommandé »[2].
Effets de l'inscription
Les casinos et les opérateurs agréés consultent le fichier : l'ouverture d'un compte de jeu et l'entrée en salle de jeux deviennent impossibles. Les comptes existants sont fermés, la loi disposant que « tout compte joueur dont le titulaire est interdit de jeu est clôturé »[10]. Le solde éventuel est reversé par virement sur le compte de paiement du joueur[7].
Durée de l'interdiction
Selon l'article L. 320-9-1 du Code de la sécurité intérieure[10], l'interdiction volontaire « est prononcée pour une durée de trois ans renouvelable tacitement ». L'ANJ écrit encore « trois ans minimum » (ANJ) : l'effet est le même. À l'issue des trois ans, l'inscription n'expire pas d'elle-même ; elle est renouvelée tant que la personne n'en demande pas la levée.
La levée de l'interdiction
La levée ne peut être demandée qu'à l'issue des trois premières années, gratuitement, en ligne ou par courrier[3]. Savoir si l'on est encore inscrit, délais, cas des majeurs protégés et jeux qui restent accessibles pendant l'interdiction : ces questions sont traitées dans la page Lever son interdiction de jeux.
Les formes d'interdiction de jeux
Le Code de la sécurité intérieure prévoit deux régimes d'interdiction, l'un volontaire, l'autre administratif (article L. 320-9-1, rédaction de la loi du 3 août 2026), et l'article R. 321-28 précise qui peut saisir l'ANJ[10] :
| Forme | Qui la décide | Durée | Fin |
|---|---|---|---|
| Volontaire | La personne elle-même | 3 ans | Renouvellement tacite, levée sur demande |
| Pour un majeur protégé | La personne chargée de la mesure de protection, habilitée à cet effet, auprès de l'ANJ | 3 ans | Renouvellement tacite |
| Sur demande d'un juge | Le juge de l'application des peines, dans le cadre d'un sursis avec mise à l'épreuve ou d'une libération conditionnelle (R. 321-28 III) | Non précisée par l'article | - |
| Administrative | L'autorité administrative, même sans l'accord de la personne | 5 ans maximum | Automatique |
L'interdiction administrative peut être contestée « devant le tribunal administratif dont dépend votre domicile »[5].
Conséquences pour les salariés des établissements de jeux
L'inscription a des effets professionnels pour les personnes qui travaillent ou souhaitent travailler dans un casino ou un club de jeux. Pour un salarié, elle entraîne « la perte de votre agrément et donc la perte de votre emploi ». Pour un candidat, elle se traduit par « un refus d'agrément et donc l'impossibilité d'être recruté par cet établissement durant 3 ans »[2].
En cas d'utilisation de son moyen de paiement par un tiers
Une personne interdite de jeux dont la carte bancaire est utilisée par un proche pour jouer en ligne doit « d'abord prévenir votre banque », puis « informer l'opérateur de jeux concerné que votre moyen de paiement a été utilisé sans que vous le sachiez »[2].
Confidentialité
L'inscription est « strictement personnelle et confidentielle »[2]. Les données sont conservées pendant la durée de l'interdiction, puis six ans après son terme[8].
Les autres outils de protection
L'interdiction volontaire constitue la mesure la plus étendue. Les sites agréés proposent en outre des outils de modération[9] :
- une limite de dépôt, obligatoire avant le premier dépôt, calculée sur sept jours glissants ;
- une limite de mises, également sur sept jours ;
- l'auto-exclusion, qui ferme le compte chez un opérateur pour une durée choisie par le joueur, de 24 heures à 12 mois.
La baisse d'une limite est immédiate ; sa hausse ne prend effet qu'après un délai minimal de 48 heures. Ces outils ne s'appliquent que chez l'opérateur concerné.
Le recours à l'interdiction volontaire signale souvent une pratique devenue problématique. Le questionnaire Évalujeu[11], proposé par l'ANJ, permet de faire le point ; la page Addiction au jeu en présente les critères. Joueurs Info Service répond au 09 74 75 13 13, 7 jours sur 7, de 8h à 2h (appel non surtaxé). Pour l'entourage, la page Aider un proche détaille les démarches possibles.
Questions fréquentes
La levée de l'interdiction est-elle payante ?
Non, la demande de levée est gratuite.
Un proche peut-il demander l'inscription d'un joueur ?
Non. L'interdiction volontaire ne peut être demandée que par la personne concernée. Seule exception : pour un majeur protégé, la personne chargée de la mesure de protection et habilitée à cet effet peut saisir l'ANJ[10] ; l'ANJ parle du tuteur (ANJ). Les autres possibilités pour l'entourage sont détaillées dans la page sur l'aide à un proche.
L'interdiction peut-elle être levée avant trois ans ?
Non. La levée n'est possible qu'au terme des trois ans d'inscription ; le détail figure dans la page sur la levée de l'interdiction de jeux.
Sources
- ANJ, site de l'interdiction volontaire de jeux : https://interdictiondejeux.anj.fr/
- Service-public.fr, « Interdiction volontaire de jeux » (F15814) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F15814
- Service-public.fr, levée de l'interdiction de jeux (R58125) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/R58125
- ANJ, « Interdiction volontaire de jeux : un nouveau service en ligne » (18/11/2025) : https://anj.fr/interdiction-volontaire-de-jeux-un-nouveau-service-en-ligne-avec-une-experience-plus-fluide
- Service-public.fr, actualité sur les formes d'interdiction de jeux (A16093) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A16093
- Décret n° 2020-1773 du 21 décembre 2020 (Légifrance) : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042839255
- Loi n° 2010-476 du 12 mai 2010, article 17 (Légifrance) : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000039182860
- Arrêté du 6 janvier 2021 relatif au fichier des interdits de jeux (Légifrance) : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/texte_jo/JORFTEXT000042896781
- ANJ, « Les limites de jeu sur les sites en ligne » : https://www.anj.fr/sites/default/files/2020-01/Les%20limites%20de%20jeu%20sur%20les%20sites%20en%20ligne.pdf
- Code de la sécurité intérieure, articles L. 320-9, L. 320-9-1 (rédaction de la loi n° 2026-725 du 3 août 2026, art. 37) et R. 321-28 (export codes.droit.org, éd. du 15/10/2026) : https://codes.droit.org/PDF/Code%20de%20la%20s%C3%A9curit%C3%A9%20int%C3%A9rieure.pdf
- Évalujeu, « Où en êtes-vous avec les jeux d'argent ? » : https://www.evalujeu.fr/ou-en-etes-vous-avec-les-jeux-dargent
Photo d'en-tête : Brett Sayles, Pexels



