
- Gratuit pour le patient : les dépenses des CSAPA sont prises en charge par l'Assurance maladie, sans reste à charge.
- Confidentiel, avec anonymat possible ; aucune ordonnance n'est nécessaire.
- Équipes de médecins, psychologues, infirmiers et travailleurs sociaux.
- Les proches peuvent être reçus, même si la personne concernée ne consulte pas.
- Les CSAPA peuvent prendre en charge le jeu d'argent : 1,6 % de leur public en 2024.
Ce qu'est un CSAPA
Une définition fixée par la loi
Les CSAPA sont des établissements médico-sociaux au sens de l'article L. 312-1 du Code de l'action sociale et des familles. Le Code de la santé publique leur assigne des missions obligatoires : ils « assurent obligatoirement des missions d'accompagnement médico-psycho-social, de soins, de réduction des risques et des dommages et de prévention individuelle et collective » (article L. 3411-6, Code de la santé publique[1]).
Ils s'adressent, selon l'article D. 3411-1 du même code, aux personnes « ayant une consommation à risque, un usage nocif ou présentant une dépendance aux substances psychoactives ainsi que pour leur entourage ». Le texte ajoute : « Ils peuvent également prendre en charge des personnes présentant des addictions sans substances. »
Une création en 2007
Prévus par la loi du 2 janvier 2002, les CSAPA n'ont réellement vu le jour qu'avec le décret du 14 mai 2007, qui a fixé leurs missions, et la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2007, qui a prévu leur financement. Ils ont remplacé les centres spécialisés de soins aux toxicomanes (CSST) et les centres de cure ambulatoire en alcoologie (CCAA), « en les rassemblant sous un statut juridique commun » ; leurs gestionnaires avaient jusqu'au 22 décembre 2009 pour demander leur autorisation en CSAPA[3].
Qui les gère
Selon l'OFDT, en 2022, 60 % des CSAPA étaient gérés par des associations et 40 % par des établissements de santé[4]. Ils accueillent en moyenne plus de 300 000 patients par an ; l'alcool motive près de la moitié des prises en charge.
Les missions d'un CSAPA
Selon l'article D. 3411-1 du Code de la santé publique[1], un CSAPA assure :
- l'accueil, l'information, l'évaluation médicale, psychologique et sociale, et l'orientation de la personne ou de son entourage ;
- la réduction des risques liés aux consommations ;
- la prise en charge médicale, psychologique, sociale et éducative : diagnostic, soins, sevrage, prescription et suivi des traitements, accès aux droits sociaux, aide à l'insertion.
L'accueil, l'information, l'évaluation et l'orientation sont dus « à tous les publics qui se présentent et indépendamment de leur éventuelle spécialisation » ; la circulaire de 2008 précise que « l'accueil ne peut se réduire à la prise d'un rendez-vous ». Un CSAPA qui ne peut pas suivre une personne doit l'orienter vers une structure adaptée.
Généralistes ou spécialisés, avec ou sans hébergement
Un CSAPA peut couvrir toutes les addictions ou se spécialiser dans l'alcool ou les drogues illicites (article D. 3411-2). La plupart fonctionnent en consultation, sans hébergement ; environ 110 CSAPA donnent accès à un hébergement, qui accueille près de 3 000 personnes par an[4]. Certains tiennent des antennes ou des consultations avancées dans d'autres lieux. Près de 190 CSAPA interviennent aussi en prison.
Gratuit, confidentiel, anonyme ?
Gratuit
Les dépenses des CSAPA sont prises en charge par l'Assurance maladie, sans participation de l'assuré aux tarifs servant de base aux remboursements (article L. 314-8 du Code de l'action sociale et des familles[2]). Le patient ne paie rien. L'Assurance maladie indique que les CSAPA accueillent « gratuitement et de façon anonyme »[7].
Confidentiel, et anonyme sur demande
L'Assurance maladie et Joueurs Info Service indiquent que les CSAPA accueillent de façon anonyme[9]. La loi prévoit expressément l'anonymat pour les usagers de stupéfiants qui le demandent (article L. 3414-1 du Code de la santé publique) ; dans tous les cas, le secret médical s'applique. Le souhait d'anonymat peut être signalé dès le premier contact.
Comment se passe un suivi
Le premier rendez-vous
La démarche peut venir de la personne elle-même, d'un proche ou d'un médecin. Selon l'OFDT, 49 % des patients suivis pour une addiction sans produit en 2024 sont venus de leur propre initiative, 17 % sur le conseil de leur famille ou de leurs amis[4]. Aucune ordonnance n'est nécessaire.
Le premier entretien sert à faire le point : la personne expose sa situation, ses difficultés et ses attentes ; un médecin évalue la consommation ou la pratique et l'état de santé ; un psychologue peut être rencontré si la personne le souhaite[8]. Le suivi peut ensuite associer entretiens individuels, groupes de parole et accompagnement social.
Les délais
L'accès est souvent ralenti. Selon un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) de juin 2026, il faut en moyenne 58 jours pour rencontrer un soignant en CSAPA, avec de fortes différences entre territoires[11]. En cas d'urgence, un médecin généraliste ou les urgences hospitalières restent accessibles ; en cas de détresse ou d'idées suicidaires, le 3114[13], numéro national de prévention du suicide, répond 24h/24 et 7 jours sur 7.
Les proches
Les CSAPA accueillent l'entourage, que la personne concernée consulte ou non. Selon Joueurs Info Service, les proches peuvent être reçus de façon ponctuelle ou entamer un suivi régulier, en entretien individuel ou en groupe[9].
Les jeunes
Les consultations jeunes consommateurs (CJC), rattachées le plus souvent à un CSAPA, reçoivent en priorité les jeunes, mineurs compris, et leur entourage. Elles sont « gratuites et confidentielles »[7]. Elles accueillent près de 32 500 jeunes de moins de 25 ans chaque année, dont 12 % pour une addiction sans produit, comme les jeux d'argent ou les écrans[4].
CSAPA et jeu d'argent
Une prise en charge prévue par les textes
La circulaire de 2008 indique que la mission des CSAPA « s'étend également aux personnes souffrant d'addictions sans substance (en particulier le jeu pathologique) ». Le Code emploie le verbe « peuvent » : tous les centres ne sont pas formés au jeu. Joueurs Info Service note que la plupart des lieux qui reçoivent des joueurs « interviennent dans tout le champ de l'addiction ». Avant de se déplacer, il est utile de demander si le centre suit des joueurs.
Des joueurs de plus en plus nombreux
Selon l'OFDT, environ 5 200 personnes ont été prises en charge en CSAPA pour une addiction aux jeux d'argent en 2024, soit 1,6 % du public des centres, contre 1,5 % en 2023 (une estimation, selon l'OFDT). Ce sont à 82,8 % des hommes, âgés de 38,5 ans en moyenne, et plus de la moitié (54,3 %) jouent tous les jours[5].
Parmi les nouveaux patients venus pour une addiction sans produit en 2024, les jeux d'argent sont devenus le premier motif de prise en charge (37 %), devant les usages problématiques d'Internet et des écrans (28 %)[4].
Un recours encore rare
Ces 5 200 patients sont à mettre en regard des joueurs en difficulté : selon l'OFDT, en 2023, 2,5 % des 18-75 ans avaient une pratique problématique[6]. Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose, mais l'écart montre que peu de joueurs en difficulté sont suivis en CSAPA. Sur le forum de Joueurs Info Service, un joueur qui se dit suivi par « mon psychologue du CSAPA » conseillait en 2021 à un autre membre d'essayer, en précisant que la prise en charge est gratuite[12].
Le CSAPA peut aussi aider à mettre en place des protections concrètes : interdiction volontaire de jeux, aide aux démarches en cas de dettes, accompagnement des proches.
CSAPA, CAARUD, CJC, ELSA : les différences
| Structure | Pour qui | Ce qu'elle fait | Jeu d'argent |
|---|---|---|---|
| CSAPA | Toute personne en difficulté avec une addiction, et ses proches | Soins, accompagnement, réduction des risques, prévention | Oui, selon les centres |
| CAARUD (centre d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues) | Usagers de drogues | Accueil collectif et individuel, matériel de prévention, accès aux soins et aux droits ; prise en charge « anonyme et gratuite » inscrite dans la loi | Non |
| CJC (consultation jeunes consommateurs) | Jeunes et leur entourage | Repérage et intervention précoces, souvent au sein d'un CSAPA | Oui |
| ELSA (équipe de liaison et de soins en addictologie) | Patients hospitalisés | Équipe de l'hôpital qui intervient dans les services et aux urgences | - |
| Consultation hospitalière d'addictologie | Toute personne, souvent orientée par un médecin | Suivi par une équipe hospitalière | Selon les services |
Sources : Code de la santé publique[1] (articles D. 3411-1, L. 3411-9, R. 3121-33-1) ; circulaire du 28 février 2008[3].
Un médecin addictologue peut exercer en CSAPA, à l'hôpital ou en cabinet : la page Addictologue détaille son rôle et le coût d'une consultation.
Trouver un CSAPA près de chez soi
L'annuaire des CSAPA du site place les centres sur une carte, donne les plus proches d'une ville ou d'un code postal et détaille les lieux de consultation de 20 villes, vérifiés le 28/10/2026. Il part du fichier national FINESS, qui recense chaque établissement déclaré (512 CSAPA ouverts au public en mai 2026) : ce décompte diffère de celui de l'OFDT, qui compte les centres en activité.
Plusieurs annuaires publics, édités par Santé publique France ou l'Assurance maladie, recensent aussi les CSAPA :
- Joueurs Info Service, adresses utiles[10] : les lieux d'aide spécialisés dans l'accompagnement des joueurs et de leur entourage, par ville ou département ;
- Drogues Info Service, adresses utiles[14] et Alcool Info Service, adresses utiles[15] ;
- Santé.fr[16], l'annuaire public de santé, à partir du fichier national des établissements (FINESS).
Joueurs Info Service oriente aussi par téléphone vers le centre le plus proche : 09 74 75 13 13, 7 jours sur 7, de 8h à 2h (appel anonyme et non surtaxé).
Questions fréquentes
Le CSAPA est-il payant ?
Non. Les dépenses des CSAPA sont prises en charge par l'Assurance maladie, sans reste à charge pour le patient.
Faut-il une ordonnance pour aller dans un CSAPA ?
Non. On peut appeler ou se présenter directement ; beaucoup de centres fonctionnent sur rendez-vous.
Quelle est la différence entre un CSAPA et un CAARUD ?
Le CSAPA soigne et accompagne toutes les addictions. Le CAARUD accueille les usagers de drogues pour réduire les risques liés à leur consommation et les orienter vers les soins et les droits.
Un CSAPA peut-il aider un joueur ?
Oui, la loi le prévoit, mais tous les centres ne sont pas formés au jeu d'argent. Joueurs Info Service indique ceux qui reçoivent des joueurs.
Un proche peut-il consulter seul ?
Oui. Les CSAPA accueillent l'entourage, même si la personne concernée ne consulte pas.
Sources
- Code de la santé publique, articles L. 3411-6, L. 3414-1, D. 3411-1 et suivants (export codes.droit.org, édition du 17/10/2026) : https://codes.droit.org/PDF/Code%20de%20la%20sant%C3%A9%20publique.pdf
- Code de l'action sociale et des familles, articles L. 312-1 et L. 314-8 (export codes.droit.org, édition du 23/10/2026) : https://codes.droit.org/PDF/Code%20de%20l%27action%20sociale%20et%20des%20familles.pdf
- Circulaire DGS/MC2/2008/79 du 28 février 2008 relative aux CSAPA (copie CNAPE) : https://www.cnape.fr/documents/circulaire-dgs-mc2-2008-79-du-28-fevrier-2008
- OFDT, « Caractéristiques des personnes prises en charge dans les CSAPA en 2024 », bilan RECAP (août 2026) : https://www.ofdt.fr/sites/ofdt/files/2026-08/bilan-recap-2024-ed-2026_0.pdf
- OFDT, « Les jeux d'argent et de hasard en 2025 » (octobre 2026) : https://www.ofdt.fr/sites/ofdt/files/2026-10/note-bilan-jah-2025.pdf
- OFDT, « Les jeux d'argent et de hasard en France en 2024 » (septembre 2025) : https://www.ofdt.fr/sites/ofdt/files/2025-09/note_bilan_jah_2025.pdf
- Ameli.fr, « Addictions : à qui s'adresser ? » : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/addictions/suivi
- Alcool Info Service, « Les CSAPA sont là pour vous aider » (2024) : https://www.alcool-info-service.fr/agir-sur-sa-consommation/ou-trouver-de-laide/les-csapa-sont-la-pour-vous-aider
- Joueurs Info Service, « L'aide spécialisée » : https://www.joueurs-info-service.fr/Tout-savoir-sur-le-jeu/Se-faire-aider/L-aide-specialisee
- Joueurs Info Service, adresses utiles : https://www.joueurs-info-service.fr/Adresses-Utiles
- IGAS, « Addictions : améliorer les parcours de prise en charge » (juin 2026) : https://srae-addicto-pdl.fr/wp-content/uploads/2026/08/IGAS_rapport-addiction-ameliorer-les-parcours-de-prise-en-charge_juin-2026.pdf
- Forum Joueurs Info Service, « Au fond du trou » (10/05/2021) : https://www.joueurs-info-service.fr/Forums/Forums-pour-les-joueurs/Au-fond-du-trou
- 3114, numéro national de prévention du suicide : https://3114.fr
- Drogues Info Service, adresses utiles : https://www.drogues-info-service.fr/Adresses-utiles
- Alcool Info Service, adresses utiles : https://www.alcool-info-service.fr/adresses-utiles
- Santé.fr : https://www.sante.fr/recherche/trouver/Centre%20de%20soins%20d%27accompagnement%20et%20de%20pr%C3%A9vention%20en%20addictologie%20%28CSAPA%29
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