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Test : mon rapport au jeu est-il à risque ?

Ce questionnaire de douze questions permet de faire le point sur sa pratique des jeux d'argent (paris sportifs ou hippiques, poker, machines à sous, jeux de tirage et de grattage, jeux en ligne). Il part de situations du quotidien : budget, temps, humeur, proches, tentatives pour jouer moins. Il se remplit en quelques minutes, sans inscription, et ne produit ni note ni niveau de risque. Il ne pose aucun diagnostic : celui-ci relève d'un professionnel de santé.

Vérifié le 28 octobre 2026
Par La rédaction

Plume d'un stylo écrivant sur une feuille lignée
Photo d'illustration : Free-Photos (Pixabay), Wikimedia Commons, licence CC0, recadrée.
L'essentiel
  • Les douze questions portent sur les 12 derniers mois et se répondent par oui ou non.
  • Elles sont rédigées pour ce site : ce n'est pas un test validé scientifiquement.
  • Au moins un « oui » : il est utile d'en parler. Plusieurs « oui » : une consultation est recommandée.
  • Parmi les outils gratuits existants, l'ICJE est un outil validé ; Évalujeu et SOS Joueurs proposent leurs propres questionnaires. Joueurs Info Service répond au 09 74 75 13 13, 7 jours sur 7, de 8h à 2h.

À quoi sert ce questionnaire, et ce qu'il n'est pas

En France, selon l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), 51,6 % des adultes de 18 à 75 ans ont misé au moins une fois en 2023. Parmi eux, 1,7 % avaient une pratique à risque modéré et 0,8 % une pratique à risque élevé, soit au total environ 1,2 million de personnes[1].

Ce questionnaire sert à repérer des situations qui méritent d'être regardées de plus près. Il ne remplace ni un test reconnu ni un avis médical. Les outils de référence, comme l'Indice canadien du jeu excessif (ICJE) utilisé dans les enquêtes nationales, ont leur propre formulation : leurs questions ne sont pas reprises ici.

Mode d'emploi : répondre pour les 12 derniers mois, tous jeux d'argent confondus. Aucune réponse n'est enregistrée.

Les douze questions

Chaque question est suivie d'une ligne « Pourquoi cette question ».

Le budget

1. Avez-vous déjà joué avec de l'argent prévu pour le loyer, les courses, les factures ou l'épargne ?

Oui / Non Pourquoi cette question : quand le budget du jeu empiète sur les dépenses courantes, le jeu cesse d'être un loisir que l'on finance avec son reste à vivre.

2. Avez-vous dépassé le budget de jeu que vous aviez fixé pour la semaine ou pour le mois ?

Oui / Non Pourquoi cette question : l'Autorité nationale des jeux (ANJ) définit le potentiel addictif d'un jeu par sa capacité à faire jouer plus longtemps ou dépenser plus que prévu[3]. Une limite fixée puis dépassée en est la traduction concrète.

3. Vous est-il arrivé de calculer combien il vous faudrait gagner pour effacer vos pertes ?

Oui / Non Pourquoi cette question : chercher à « revenir à zéro » est le point de départ d'une spirale de mises. Au Loto, 54,35 % des mises sont reversées aux gagnants : sur la durée, le joueur perd en moyenne, et les pertes ne se « rattrapent » pas (voir la page Chances de gagner au Loto).

Le temps

4. Avez-vous déjà joué bien plus longtemps que prévu, au point de manquer un repas, un rendez-vous ou une nuit de sommeil ?

Oui / Non Pourquoi cette question : l'ANJ rattache le risque à la durée et à la fréquence du jeu, au même titre qu'au produit et au contexte[4]. Elle mesure la place du jeu dans la journée, pas seulement l'argent engagé.

5. Vous arrive-t-il de consulter vos paris, vos résultats ou une application de jeu pendant un repas, une réunion ou une conversation ?

Oui / Non Pourquoi cette question : un jeu qui occupe l'esprit en dehors des parties se voit dans des gestes ordinaires, bien avant que l'on s'en inquiète.

L'humeur

6. Votre humeur de la journée dépend-elle de ce que vous avez gagné ou perdu ?

Oui / Non Pourquoi cette question : lorsque le résultat d'une partie décide de l'humeur, le jeu n'est plus un simple divertissement.

7. Quand une journée tourne mal, jouer est-il la première chose à laquelle vous pensez pour vous détendre ?

Oui / Non Pourquoi cette question : jouer pour calmer un souci ou une tension fait du jeu une manière de gérer ses émotions, ce qui augmente le risque d'y revenir.

Ce que l'on dit aux autres

8. Avez-vous déjà prétendu être occupé ou ailleurs alors que vous étiez en train de jouer ?

Oui / Non Pourquoi cette question : cacher une séance de jeu est souvent le premier mensonge, et celui que les proches remarquent le plus vite.

9. Avez-vous effacé un historique, supprimé un message ou masqué une ligne de relevé bancaire pour que personne ne voie vos dépenses de jeu ?

Oui / Non Pourquoi cette question : dissimuler les montants montre que la pratique n'est plus assumée devant l'entourage. L'ANJ cite aussi l'usage des moyens de paiement d'un proche comme un possible signe d'addiction[5].

Les proches

10. Avez-vous renoncé à une sortie, à des vacances ou à un événement familial pour jouer, ou à cause de ce que vous aviez perdu ?

Oui / Non Pourquoi cette question : le jeu qui prend la place de moments partagés a des conséquences au-delà de l'argent. L'ANJ inclut les dommages sur l'entourage dans sa définition du jeu excessif.

11. Quand un proche a parlé de votre façon de jouer, avez-vous changé de sujet ou vous êtes-vous énervé ?

Oui / Non Pourquoi cette question : la réaction à une remarque en dit autant que la remarque elle-même.

Les tentatives pour jouer moins

12. Vous êtes-vous fixé une règle ou une date pour arrêter ou jouer moins (plus de jeu en ligne, plus de casino, pause d'un mois), sans la tenir ?

Oui / Non Pourquoi cette question : une règle posée puis abandonnée à plusieurs reprises montre que le jeu devient difficile à contrôler par la seule volonté.

Ce que vos réponses veulent dire

Le questionnaire ne calcule aucun score : aucun seuil ne s'applique à des questions rédigées pour ce site.

  • Aucun « oui » : aucun repère d'alerte ne ressort de ces questions, ce qui ne garantit pas l'absence de risque. Refaire le point si la pratique change.
  • Au moins un « oui » : un point de vigilance. En parler à un proche, à un médecin ou à Joueurs Info Service, et refaire le test dans quelques mois.
  • Plusieurs « oui » : consulter un professionnel, médecin, addictologue ou centre de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA).

Plusieurs « oui » ne signifient pas à eux seuls une addiction, mais justifient un avis professionnel. Voir la page Addiction au jeu.

Aller plus loin : les outils de repérage gratuits

Trois outils de repérage sont accessibles en France.

  • ICJE (Indice canadien du jeu excessif). Neuf questions sur les 12 derniers mois, avec un score de 0 à 27[2]. C'est l'outil que l'ANJ présente comme référentiel à privilégier pour évaluer le niveau de risque[4]. L'OFDT l'utilise dans ses enquêtes et n'en propose pas de version en ligne.
  • Évalujeu. Questionnaire de 11 questions[6], gratuit et anonyme, proposé par l'ANJ, qui le dit fondé sur l'ICJE et assorti de conseils selon le niveau de risque[3].
  • Test « Le jeu et vous ». Questionnaire[7] proposé par l'association SOS Joueurs, avec quatre niveaux de résultat, de « vous jouez pour le plaisir » à « difficultés majeures ». Sa partie en oui / non est annoncée « en construction ».

Parler à quelqu'un

  • Joueurs Info Service : 09 74 75 13 13, 7 jours sur 7, de 8h à 2h, appel anonyme et non surtaxé[9].
  • SOS Joueurs : 09 69 39 55 12, rappel possible du lundi au vendredi de 9h à 20h[8].
  • Un centre de soins : la page CSAPA explique comment trouver un centre gratuit près de chez soi.
  • En cas de détresse ou d'idées suicidaires : le 3114[10], numéro national de prévention du suicide, répond 24h/24.

Pour un proche : six repères observables

Quand c'est un proche qui joue, certains signes se voient de l'extérieur. Les six repères ci-dessous aident à décider s'il faut en parler :

  1. des mensonges sur le temps passé à jouer ou sur les sommes perdues ;
  2. un retour au jeu après une perte, pour « se refaire » ;
  3. de l'irritabilité quand il essaie de jouer moins ;
  4. un jeu qui occupe ses pensées et ses conversations ;
  5. des demandes d'argent ou des emprunts à l'entourage, ou l'usage des moyens de paiement d'un autre[5] ;
  6. une relation, un emploi ou des études mis en danger.

Ces repères ne suffisent pas à conclure. La page Aider un proche qui joue trop détaille les démarches.

Questions fréquentes

Un questionnaire en ligne suffit-il à savoir si l'on est accro au jeu ?

Non. Un test de repérage estime un niveau de risque à partir de réponses déclarées. Le diagnostic est posé par un professionnel de santé.

Ce questionnaire est-il validé scientifiquement ?

Non. Ses questions sont rédigées pour ce site. Pour un outil de repérage reconnu, voir l'ICJE, utilisé dans les enquêtes de l'OFDT, ou Évalujeu, fondé sur l'ICJE selon l'ANJ.

Que faire en cas de plusieurs « oui » ?

Consulter : un médecin généraliste, un CSAPA ou un addictologue, ou appeler Joueurs Info Service au 09 74 75 13 13. Les dépenses des CSAPA sont prises en charge par l'Assurance maladie, sans reste à charge pour le patient (page CSAPA).

Sources

  1. OFDT, « La pratique des jeux d'argent et de hasard en France en 2023 » : https://www.ofdt.fr/publication/2024/la-pratique-des-jeux-d-argent-et-de-hasard-en-france-en-2023-2457
  2. OFDT, glossaire, Indice canadien du jeu excessif : https://www.ofdt.fr/glossaire/indice-canadien-du-jeu-excessif-icje
  3. ANJ, « Prévenir le jeu excessif » : https://anj.fr/nos-actions/prevenir-le-jeu-excessif
  4. ANJ, « Définition des pratiques de jeu excessives ou pathologiques » (2024) : https://anj.fr/sites/default/files/2024-10/D%C3%A9finition%20pratiques%20de%20jeu%20excessives%202024.pdf
  5. ANJ, foire aux questions, « Un proche commence à perdre le contrôle de son jeu » : https://anj.fr/index.php/foire-aux-questions/addiction-au-jeu/un-proche-commence-perdre-le-controle-de-son-jeu-que-faire-ou
  6. Évalujeu : https://www.evalujeu.fr/ou-en-etes-vous-avec-les-jeux-dargent
  7. SOS Joueurs, test « Le jeu et vous » : https://www.sosjoueurs.org/nos-outils/test-le-jeu-et-vous
  8. SOS Joueurs : https://www.sosjoueurs.org
  9. Annuaire service-public, Joueurs Info Service : https://lannuaire.service-public.gouv.fr/centres-contact/R2428
  10. 3114, numéro national de prévention du suicide : https://3114.fr

Photo d'en-tête : Jakub Zerdzicki, Pexels

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