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Addictologue : rôle, quand consulter et remboursement

Un addictologue est un médecin, souvent généraliste ou psychiatre de formation, qui a acquis une compétence dans le soin des addictions : alcool, tabac, drogues, mais aussi jeux d'argent. Il exerce notamment dans les centres de soins en addictologie (CSAPA), où la consultation est gratuite, et dans les consultations hospitalières. En cabinet libéral, il applique les tarifs de sa spécialité d'origine. Selon l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS), l'addictologie « n'est donc pas une spécialité médicale, mais une compétence déclarée ».

Vérifié le 23 octobre 2026
Par La rédaction

Stéthoscope posé sur une table
Photo : Jacek Halicki, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0, recadrée.
L'essentiel
  • Le titre d'addictologue désigne un médecin ; aucun texte officiel consulté ne l'attribue aux psychologues.
  • Le jeu d'argent fait partie des addictions qu'il prend en charge.
  • En CSAPA, la consultation ne coûte rien au patient ; l'attente moyenne avant de voir un soignant était de 58 jours selon l'IGAS en 2026.
  • En libéral, il facture comme un généraliste (30 €) ou un psychiatre (55 € pour un adulte de plus de 25 ans), en secteur 1.

Qui est addictologue ?

Une compétence, pas une spécialité

Il n'existe pas de diplôme d'études spécialisées (DES) en addictologie. Le rapport de l'IGAS de juin 2026 sur les parcours de soins en addictologie le résume : l'addictologie « ne fait pas l'objet d'un diplôme d'études spécialisées (DES) dédié et n'est donc pas une spécialité médicale, mais une compétence déclarée »[1].

Le même rapport note qu'« il n'y a pas de recensement des médecins ayant compétence en addictologie au niveau national ». Aucun chiffre officiel ne donne donc le nombre d'addictologues en France.

La formation des médecins addictologues

Depuis la réforme des études médicales de 2017, les futurs médecins se forment par la formation spécialisée transversale (FST) d'addictologie. Elle dure deux semestres, avec deux stages d'un semestre dans des lieux agréés ayant une activité ambulatoire significative : hôpital, hôpital de jour ou CSAPA[2]. Son programme couvre les « conduites addictives, avec ou sans produits », l'entretien motivationnel, les psychothérapies et les traitements médicamenteux.

La FST est ouverte aux internes de médecine générale, de psychiatrie, de pneumologie, de gastro-entérologie, de médecine interne, de santé publique et de médecine du travail[1]. Des médecins formés avant cette réforme portent d'autres titres, un diplôme d'études spécialisées complémentaire (DESC) ou une capacité d'addictologie, tous trois reconnus dans le texte de 2017.

Et les psychologues ?

Les psychologues travaillent dans les équipes d'addictologie, notamment en CSAPA, et certains se spécialisent dans les addictions. Mais aucun des textes officiels consultés ne leur attribue le titre d'addictologue, qui désigne un médecin. Un psychologue ne prescrit pas de médicament.

Où consulter un addictologue

Lieu Coût pour le patient Accès
CSAPA (centre de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie) Aucun : financement par l'Assurance maladie Sans ordonnance, sur rendez-vous
Consultation hospitalière d'addictologie Tarifs de l'hôpital, pris en charge par l'Assurance maladie selon les règles habituelles Souvent sur orientation d'un médecin
Cabinet libéral Tarif du généraliste ou du psychiatre Parcours de soins (médecin traitant)

Sources : IGAS, juin 2026[1] ; service-public.fr[4].

En CSAPA

La France compte 497 CSAPA selon l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives[8]. Ces centres sont financés par l'Assurance maladie (« financés par l'ONDAM spécifique », selon l'IGAS) et le patient n'avance aucun frais. Les équipes y réunissent médecins, psychologues, infirmiers et travailleurs sociaux. La page CSAPA détaille leur fonctionnement.

L'accès y est toutefois ralenti. Selon l'IGAS, il faut en moyenne 58 jours pour rencontrer un soignant : 38 jours entre le premier contact et le premier rendez-vous, puis 20 jours avant le second, avec de fortes différences entre territoires. Dans les réponses des CSAPA recueillies par l'IGAS, « le déficit de médecins addictologues, psychiatres, mais aussi de médecins généralistes » est évoqué « dans la grande majorité des réponses ».

À l'hôpital

Les hôpitaux disposent de consultations d'addictologie (340 recensées en 2022) et d'équipes de liaison et de soins en addictologie (ELSA, 356 en 2023), qui interviennent auprès des patients hospitalisés et aux urgences[1].

En cabinet libéral

Le médecin traitant reste la première porte d'entrée : il peut prendre en charge lui-même ou orienter vers un confrère, un psychiatre ou un CSAPA.

Combien coûte une consultation ?

Un addictologue libéral facture selon sa spécialité d'origine. Les tarifs ci-dessous sont ceux de l'Assurance maladie, publiés par service-public.fr.

Médecin consulté (secteur 1, parcours de soins) Tarif Remboursé par l'Assurance maladie
Généraliste 30 € 19 € (70 %, moins 2 € de participation forfaitaire)
Psychiatre, patient de plus de 25 ans 55 € 36,50 €
CSAPA Gratuit -

Sources : service-public.fr, F1069[3] (page vérifiée le 22 décembre 2024) ; service-public.fr, F34917[4], vérifiée le 3 juillet 2026.

Une complémentaire santé peut prendre en charge tout ou partie du reste. Hors parcours de soins, sans passer par le médecin traitant, le remboursement chute : 30 % du tarif seulement pour un généraliste[3]. Exception : « seuls les assurés âgés de 16 à 25 ans peuvent consulter un psychiatre sans passer par le médecin traitant » avec un remboursement normal[4].

En secteur 2, le médecin peut pratiquer des dépassements d'honoraires, non remboursés par l'Assurance maladie.

Le cas du psychologue

Le dispositif Mon soutien psy rembourse jusqu'à 12 séances par an chez un psychologue partenaire, à 50 € la séance, dont 60 % pris en charge par l'Assurance maladie, sans passer par le médecin traitant. Il est réservé à une souffrance psychique d'intensité légère à modérée, comme une anxiété ou une dépression, ou à un usage problématique de tabac, d'alcool ou de cannabis sans dépendance ; il exclut les dépendances aux substances, les risques suicidaires et les formes sévères[4]. Le jeu d'argent n'est pas cité dans ses critères : en cas d'addiction installée, un CSAPA ou un médecin reste l'interlocuteur adapté.

Quand consulter pour le jeu d'argent ?

Les signes qui doivent alerter

L'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) mesure le risque avec l'Indice canadien du jeu excessif (ICJE). Ce questionnaire « comporte 9 questions portant sur les 12 derniers mois » : miser plus que ce qu'on peut se permettre, rejouer pour se refaire, emprunter pour jouer, se sentir coupable, voir sa santé ou ses finances atteintes[5]. À partir de 3 points, le risque est modéré ; à partir de 8, le joueur est considéré comme excessif.

Selon l'OFDT, en 2023, environ un joueur sur vingt (4,9 %) avait une pratique problématique, soit 2,5 % des 18-75 ans[6]. L'IGAS évoque « plus d'un million de joueurs adultes à risque de pratique problématique, dont près d'un tiers à risque excessif ».

Le questionnaire Évalujeu[11], proposé par l'Autorité nationale des jeux (ANJ), permet de faire le point en quelques minutes. La page Addiction au jeu présente les critères de la dépendance.

Un recours aux soins très tardif

Peu de joueurs en difficulté consultent. Une analyse de Santé publique France publiée dans La Revue du Praticien, s'appuyant sur une étude américaine de 2006, indique que « peu de joueurs excessifs auraient recours à des systèmes de soins adaptés (entre 7 et 10 %) »[7]. Aucune mesure française récente de ce taux n'a été publiée.

Les proches peuvent eux aussi consulter : les CSAPA reçoivent l'entourage, et Joueurs Info Service[10] propose une rubrique dédiée.

Ce que fait l'addictologue face à un joueur

L'évaluation

La première consultation sert à mesurer l'ampleur de la pratique : fréquence, sommes engagées, dettes, retentissement familial et professionnel. L'addictologue recherche aussi les troubles associés, fréquents chez les joueurs : dépression, anxiété, consommation d'alcool. L'IGAS souligne l'enjeu de ces « pathologies duelles », qui associent une addiction et un trouble psychique.

Les approches de soin

La formation des addictologues inclut l'entretien motivationnel, les psychothérapies et les « bases pharmacologiques des traitements »[2]. Le travail porte notamment sur les croyances erronées du joueur, comme l'idée qu'une série de pertes annonce un gain. La page Martingale montre pourquoi aucune méthode ne renverse l'avantage de l'organisateur.

Le soin peut s'accompagner de mesures pratiques : interdiction volontaire de jeux auprès de l'ANJ, limitation des moyens de paiement, aide d'un travailleur social en cas de dettes.

Addictions avec ou sans substance

Les recherches sur Internet évoquent souvent « trois types d'addiction ». Les sources officielles distinguent en réalité deux familles. La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) définit les addictions comme « des pathologies cérébrales définies par une dépendance à une substance ou une activité ». Parmi les addictions sans substance, seul le jeu pathologique est cliniquement reconnu, selon la MILDECA, dans la classification américaine DSM-5[9]. L'IGAS cite aussi les jeux vidéo parmi les addictions comportementales.

Questions fréquentes

Faut-il une ordonnance pour voir un addictologue ?

Non pour un CSAPA, accessible directement. En libéral, passer par le médecin traitant garantit le remboursement normal, sauf pour un psychiatre consulté entre 16 et 25 ans.

Un addictologue est-il remboursé ?

En libéral, il applique les tarifs de sa spécialité d'origine (généraliste ou psychiatre), remboursés s'il est conventionné ; mieux vaut se renseigner auprès du cabinet. En CSAPA, la consultation ne coûte rien.

L'addictologue soigne-t-il l'addiction au jeu ?

Oui. La formation des addictologues couvre les conduites addictives « avec ou sans produits », ce qui inclut les addictions comportementales comme le jeu d'argent.

Psychologue ou addictologue : qui consulter ?

L'addictologue est un médecin, qui peut prescrire et évaluer l'ensemble de la situation. Le psychologue mène des psychothérapies. En CSAPA, les deux travaillent souvent ensemble.

Sources

  1. IGAS, « Addictions : améliorer les parcours de prise en charge », rapport n° 2025-079R, juin 2026 : https://srae-addicto-pdl.fr/wp-content/uploads/2026/08/IGAS_rapport-addiction-ameliorer-les-parcours-de-prise-en-charge_juin-2026.pdf
  2. Maquette de la FST d'addictologie, Journal officiel du 20 décembre 2017 (reproduction université de Strasbourg) : https://med.unistra.fr/websites/med/medecine/Formations/FST-Addictologie.pdf
  3. Service-public.fr, consultation chez le généraliste (F1069) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1069
  4. Service-public.fr, psychiatre et Mon soutien psy (F34917) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34917
  5. OFDT, Indice canadien du jeu excessif : https://www.ofdt.fr/glossaire/indice-canadien-du-jeu-excessif-icje
  6. OFDT, « Les jeux d'argent et de hasard en France en 2024 » (2025) : https://www.ofdt.fr/sites/ofdt/files/2025-09/note_bilan_jah_2025.pdf
  7. La Revue du Praticien, « Jeux d'argent et de hasard : une véritable addiction » (mai 2025) : https://www.larevuedupraticien.fr/article/jeux-dargent-et-de-hasard-une-veritable-addiction
  8. OFDT, bilan RECAP 2024 (août 2026) : https://www.ofdt.fr/sites/ofdt/files/2026-08/bilan-recap-2024-ed-2026_0.pdf
  9. Sante.fr (MILDECA), définition des addictions : https://www.sante.fr/node/19896483
  10. Joueurs Info Service : https://www.joueurs-info-service.fr
  11. Évalujeu : https://www.evalujeu.fr/ou-en-etes-vous-avec-les-jeux-dargent

Photo d'en-tête : Vitaly Gariev, Pexels

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