À propos Plan du site Contact
JEU RESPONSABLEle média de prévention

Jeu d'argent : définition légale, jeux autorisés et chiffres en France

Un jeu d'argent est un jeu dans lequel le participant engage une somme d'argent dans l'espoir d'un gain dont l'obtention dépend, au moins en partie, du hasard. Loteries, jeux de grattage, paris sportifs et hippiques, poker et jeux de casino relèvent de cette catégorie. En droit français, ces jeux sont interdits par principe ; seuls ceux que la loi autorise, proposés par des opérateurs contrôlés, sont légaux. En 2024, les mises des joueurs ont dépassé de 14 milliards d'euros les gains qui leur ont été versés.

Vérifié le 23 octobre 2026
Par La rédaction

Mallette de jetons, dés et jeux de cartes
Photo : Frisko, Wikimedia Commons, licence CC BY 3.0, recadrée.
L'essentiel
  • La loi retient trois critères : un sacrifice financier, l'espérance d'un gain et l'intervention du hasard.
  • Les jeux d'argent sont prohibés en France, sauf exceptions prévues par la loi.
  • Les casinos en ligne (machines à sous, roulette, blackjack sur internet) sont illégaux en France.
  • Environ 1,2 million d'adultes ont une pratique à risque ; les paris sportifs, les paris hippiques et le poker sont les jeux les plus associés au jeu problématique.
  • Les jeux d'argent sont interdits aux mineurs, même accompagnés.
  • En 2024, le produit brut des jeux, c'est-à-dire les mises diminuées des gains versés, a atteint 14 milliards d'euros.

La définition légale

La définition figure à l'article L320-1 du Code de la sécurité intérieure[1]. Le texte pose un principe de prohibition des jeux d'argent et de hasard, assorti d'exceptions limitativement énumérées.

Une opération offerte au public constitue un jeu d'argent lorsqu'elle réunit trois éléments :

  1. un sacrifice financier : la participation suppose un paiement (mise, ticket, grille) ;
  2. l'espérance d'un gain, en argent ou en nature ;
  3. l'intervention du hasard, même partielle : le résultat ne dépend pas uniquement de l'habileté du joueur.

Le texte vise également les jeux dans lesquels le savoir-faire du joueur intervient. Le poker ou les paris sportifs relèvent donc de la catégorie des jeux d'argent, quelle que soit l'expertise du parieur.

Les jeux autorisés

Machine à sous à rouleaux
Photo : Jeff Kubina, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 2.0, recadrée.

L'Autorité nationale des jeux[3] (ANJ) recense les jeux autorisés en France[2] :

Canal Jeux autorisés Opérateurs
Points de vente (bureaux de tabac, maisons de la presse) Loterie (Loto, EuroMillions, jeux de grattage) et paris sportifs FDJ, en monopole
Points de vente PMU Paris hippiques PMU, en monopole
Casinos et clubs de jeux Machines à sous et jeux de table Établissements autorisés
Internet Loterie de la FDJ, paris sportifs, paris hippiques, poker Opérateurs agréés par l'ANJ

Les jeux interdits

Toute offre de jeu absente de ce cadre est illégale. L'ANJ le rappelle : « Les casinos en ligne et les paris sur le eSport ne sont pas autorisés en France »[2]. Une machine à sous ou une roulette en ligne demeure illégale, y compris lorsque le site est rédigé en français et accepte les moyens de paiement français.

Les sites illégaux n'offrent aucune des protections prévues par la réglementation : ni limite de dépôt obligatoire, ni application de l'interdiction volontaire de jeux, ni voie de recours en cas de litige. L'ANJ publie la liste des opérateurs agréés[14] ainsi qu'une liste noire des sites interdits[15].

L'offre illégale persiste. En 2024, l'ANJ a prononcé « 232 ordres de blocage et de déréférencement concernant 1 337 URLs », dont 910 sites miroirs, c'est-à-dire des copies de sites déjà bloqués[9]. En 2025, 1 290 adresses ont été bloquées[10].

Le régulateur : l'Autorité nationale des jeux

Les étapes du cadre légal

Date Texte Portée
12 mai 2010 Loi n° 2010-476[7] Ouverture à la concurrence des jeux en ligne (paris sportifs, paris hippiques, poker) et création de l'Autorité de régulation des jeux en ligne (ARJEL)
2 octobre 2019 Ordonnance n° 2019-1015[8] Réforme de la régulation : création de l'Autorité nationale des jeux, qui « succède dans ses droits et obligations » à l'ARJEL
Juin 2020 Installation de l'ANJ Régulation étendue à la FDJ, au PMU et à la politique de jeu responsable des casinos

L'Autorité nationale des jeux est une autorité administrative indépendante. Contrairement à l'ARJEL, dont la compétence se limitait aux jeux en ligne, elle couvre les jeux en ligne, l'offre de la FDJ et du PMU, ainsi que la politique de jeu responsable des casinos.

Ses missions comprennent la prévention du jeu excessif, la protection des mineurs, l'intégrité des opérations de jeu et la lutte contre la fraude. Elle gère également le fichier de l'interdiction volontaire de jeux.

La protection des mineurs

Les mineurs ne peuvent participer ni aux jeux en ligne, ni aux paris sportifs et hippiques, ni aux loteries et jeux de grattage, ni au poker, ni aux jeux de casino. L'interdiction s'applique même lorsque le mineur est accompagné d'un parent ou joue pour le compte d'un adulte. Selon service-public.fr, « l'accès aux casinos est interdit à un mineur, même s'il ne joue pas »[4].

Certaines exceptions demeurent : le loto traditionnel à faibles mises, la tombola, les loteries associatives et les loteries de fête foraine.

Le secteur en chiffres

  • 51,6 % des adultes ont joué dans l'année. En 2023, 51,6 % des Français de 18 à 75 ans ont joué au moins une fois dans l'année, contre 47,0 % en 2019[5].
  • 14 milliards d'euros non récupérés par les joueurs. Le produit brut des jeux (PBJ), c'est-à-dire les mises diminuées des gains versés, s'est élevé à 14,0 milliards d'euros en 2024, contre 13,4 milliards en 2023[5]. Autrement dit, ce que les joueurs ne récupèrent pas sous forme de gains.
  • Les loteries, premier poste de pertes. La répartition du produit brut des jeux en 2024 est la suivante[5] :
Activité Produit brut des jeux 2024 Part
Loterie (FDJ, points de vente et en ligne) 5 845 M€ 41,8 %
Casinos (dont machines à sous : 2 227 M€) 2 722 M€ 19,5 %
Paris sportifs en ligne 1 759 M€ 12,6 %
Paris hippiques en point de vente (PMU) 1 698 M€ 12,1 %
Paris sportifs en point de vente 1 003 M€ 7,2 %
Poker en ligne 493 M€ 3,5 %
Paris hippiques en ligne 339 M€ 2,4 %
Clubs de jeux 123 M€ 0,9 %
Total 13 983 M€ 100 %
  • 3,9 millions de joueurs en ligne sur les sites agréés en 2024, en hausse de 7,7 % sur un an[5].
  • Environ 1,2 million d'adultes en difficulté. En 2023, 1,7 % des 18-75 ans étaient des joueurs à risque modéré (environ 810 000 personnes) et 0,8 % des joueurs à risque élevé (environ 360 000 personnes)[6].

Les risques liés aux jeux d'argent

La pratique des jeux d'argent comporte des risques qui varient selon le profil du joueur et le type de jeu.

Des jeux inégalement risqués

La part de joueurs problématiques varie fortement selon le jeu principalement pratiqué[11] :

Jeu le plus pratiqué Part de joueurs problématiques
Jeux de tirage 2,6 %
Jeux de grattage 3,4 %
Casinos et machines à sous 6,1 %
Paris sportifs 15,3 %
Paris hippiques 17,2 %
Poker 17,2 %

Des publics plus exposés

Les hommes (7,5 % de joueurs problématiques, contre 2,2 % des joueuses), les 18-24 ans (12,3 %) et les joueurs les plus fréquents (39,8 % parmi ceux qui jouent au moins 300 jours par an) sont les plus touchés[11].

Des conséquences sur toute la vie

Lorsque la pratique devient incontrôlable, ses effets dépassent la sphère financière. Les critères du trouble lié aux jeux d'argent incluent le mensonge pour dissimuler l'ampleur du jeu, la mise en danger d'une relation, d'un emploi ou d'études, et le recours à autrui pour faire face aux dettes[12]. La page Addiction au jeu présente ces critères et les dispositifs d'aide.

L'offre illégale, sans aucune protection

Les obligations de protection prévues par la loi, comme la clôture des comptes des interdits de jeux ou l'obligation de « faire obstacle à la participation de mineurs », s'imposent aux opérateurs autorisés[16]. Les sites illégaux, dont les casinos en ligne, n'offrent aucune de ces garanties[2].

Un modèle structurellement défavorable au joueur

Les jeux autorisés sont contrôlés, mais leur modèle économique garantit à l'opérateur une marge sur la durée. Une partie des mises finance les gains ; le solde, le produit brut des jeux, « revient aux opérateurs après la redistribution des gains »[5]. Au Loto, par exemple, les gagnants se partagent 54,35 % des mises, comme le détaillent les probabilités officielles du Loto. Si un joueur peut gagner ponctuellement, l'ensemble des joueurs est structurellement perdant, ce qu'illustrent les 14 milliards d'euros de 2024. Aucune méthode de mise n'y change rien : c'est la raison de l'échec de la martingale.

Questions fréquentes

Le Loto est-il un jeu d'argent ?

Oui. La grille est payante (sacrifice financier), le joueur espère un gain et le tirage relève du hasard : les trois critères légaux sont réunis.

Le pari sportif est-il un jeu d'argent ?

Oui. La loi inclut les jeux dans lesquels le savoir-faire intervient, dès lors qu'une part de hasard demeure.

Les casinos en ligne sont-ils légaux en France ?

Non. Sur internet, seuls le poker, les paris sportifs, les paris hippiques et la loterie de la FDJ sont autorisés, auprès d'opérateurs agréés par l'ANJ.

Quelle est la différence entre jeu d'argent et jeu de hasard ?

La loi traite les « jeux d'argent et de hasard » comme un ensemble unique. Un jeu de hasard sans mise d'argent, comme un jeu de société, n'est pas un jeu d'argent.

Sources

  1. Code de la sécurité intérieure, article L320-1 (Légifrance) : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039182525
  2. ANJ, « Quels sont les jeux d'argent et paris sportifs autorisés en France ? » : https://anj.fr/foire-aux-questions/offre-de-jeu-legale-et-illegale/quels-sont-les-jeux-dargent-et-paris-sportifs
  3. ANJ, « Une autorité indépendante » : https://anj.fr/lanj/une-autorite-independante
  4. Service-public.fr, « Jeux d'argent : un mineur peut-il jouer ? » (F16966) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F16966
  5. OFDT, note bilan des jeux d'argent et de hasard 2025 : https://www.ofdt.fr/sites/ofdt/files/2025-09/note_bilan_jah_2025.pdf
  6. OFDT, « La pratique des jeux d'argent et de hasard en France en 2023 » : https://www.ofdt.fr/publication/2024/la-pratique-des-jeux-d-argent-et-de-hasard-en-france-en-2023-2457
  7. Loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 (Légifrance) : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000022204510
  8. Ordonnance n° 2019-1015 du 2 octobre 2019 (Légifrance) : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000039167499
  9. ANJ, rapport annuel 2024 : https://anj.fr/sites/default/files/2026-03/Rapport%20annuel%202024%20WEB.pdf
  10. ANJ, communiqué sur le blocage du site Polymarket (17/07/2026) : https://anj.fr/promotion-dune-offre-de-jeux-dargent-illegale-blocage-du-site-polymarket
  11. OFDT, rapport « Les jeux d'argent et de hasard en 2023 » (enquête EROPP) : https://www.ofdt.fr/sites/ofdt/files/2025-03/rapport_eropp_jah-2023.pdf
  12. La Revue du Praticien, critères DSM-5 : https://www.larevuedupraticien.fr/outil/criteres-diagnostiques-du-trouble-lie-au-jeu-dargent-dsm-5
  13. Règlement du Loto homologué par l'ANJ, décision n° 2025-PR-227 du 22/12/2025 : https://www.anj.fr/sites/default/files/2025-12/D%C3%A9cision%202025-PR-227_0.pdf
  14. liste des opérateurs agréés : https://anj.fr/offre-de-jeu-et-marche/operateurs-agrees
  15. liste noire des sites interdits : https://anj.fr/liste-noire-des-sites-de-jeux-dargent-et-de-hasard-interdits-en-france
  16. Code de la sécurité intérieure, articles L320-8 et L320-9 : https://codes.droit.org/PDF/Code%20de%20la%20s%C3%A9curit%C3%A9%20int%C3%A9rieure.pdf

Photo d'en-tête : Pixabay, Pexels

Vous ou un proche jouez trop ?

Joueurs Info Service vous écoute, sans jugement et de façon anonyme.

09 74 75 13 13 Appel non surtaxé, 7j/7 de 8h à 2h Demander une interdiction volontaire de jeux