
- Aucune offre de paris sur l'e-sport n'est légale en France : l'ANJ ne l'a autorisée chez aucun opérateur, et la loi précise que l'organisation d'une compétition de jeux vidéo « n'inclut pas l'organisation d'une prise de paris » (Code de la sécurité intérieure, art. L. 321-8).
- Les paris sur des sports traditionnels restent permis aux majeurs chez les opérateurs agréés ; la liste de l'ANJ ne contient aucune compétition de jeu vidéo.
- En 2025, 5,7 % des 15-17 ans disent avoir parié sur des compétitions d'e-sport (7,5 % en 2021), selon l'étude ENJEU-Mineurs.
- Un site qui propose ces paris n'est pas contrôlé : données bancaires exposées, logiciels non homologués, aucun recours auprès de l'ANJ ni du médiateur des jeux.
- Joueurs Info Service : 09 74 75 13 13, 7 jours sur 7, de 8h à 2h (appel non surtaxé). En cas de détresse : 3114, 24h/24.
Ce que dit la loi
Ce que disent l'ANJ et le gouvernement
Pour l'ANJ, « c'est la loi qui interdit les paris sur les compétitions de e-Sport » ; le législateur a voulu protéger le jeune public des dangers des jeux d'argent (addiction, isolement, problèmes familiaux et financiers)[1]. Lecture de la rédaction, à partir des textes cités, en trois points :
- Un jeu d'argent est interdit sauf s'il figure parmi les offres que la loi autorise (Code de la sécurité intérieure[6], art. L. 320-1 et L. 320-6). Voir la page jeu d'argent : définition.
- Le pari sportif autorisé porte sur une « compétition sportive réelle légalement organisée » (art. L. 322-13), et l'ANJ n'ouvre aux paris que les compétitions inscrites sur sa « liste sport ».
- Le même code énonce que l'organisation d'une compétition de jeux vidéo « n'inclut pas l'organisation d'une prise de paris » (art. L. 321-8, issu de la loi du 7 octobre 2016).
Interrogé en 2024 par un député sur ce qu'il appelait un angle mort, le gouvernement a répondu : « L'offre de paris lors des compétitions d'eSport ne figure pas dans cette liste. Les offres de paris sur les compétitions d'eSport relèvent donc de l'offre illégale de jeux »[8].
Ce que contient la liste de l'ANJ
Le collège de l'ANJ arrête, après avis des fédérations sportives, la liste des manifestations sportives et des types de résultats sur lesquels les opérateurs agréés et la FDJ peuvent prendre des paris. Parmi les critères : un événement régulièrement organisé, un règlement accessible qui prévoit la publicité des résultats, l'âge des participants (pour écarter les mineurs, réputés plus facilement manipulables) et l'objectivité des résultats[2]. Dans la version en vigueur (annexe 1 de la décision 2026-159), on trouve notamment football, cyclisme, basket-ball, tennis, rugby, handball ou escrime[3]. Aucune compétition de jeu vidéo n'y figure.
Une proposition de loi qui ne touche pas aux paris
Une proposition de loi « pour un esport responsable et attractif » a été déposée à l'Assemblée nationale le 18 novembre 2025 (n° 2106). Elle vise à autoriser les compétitions entièrement en ligne avec frais d'inscription, aujourd'hui non autorisées ; le texte déposé ne contient aucune disposition sur les paris[9]. Au 30 octobre 2026, aucun texte adopté n'autorise les paris sur l'e-sport.
Permis ou interdit : le tableau
| Situation | Statut au 30/10/2026 | Source |
|---|---|---|
| Parier de l'argent sur le résultat d'une compétition d'e-sport | Interdit (offre illégale) : aucune offre autorisée, aucun opérateur agréé | ANJ[1], réponse ministérielle 2024[8] |
| Parier sur un sport de la liste ANJ (football, tennis, rugby…) | Permis à partir de 18 ans, chez un opérateur agréé ou à la FDJ | ANJ[2] |
| Proposer des paris e-sport (exploiter des jeux d'argent non autorisés) | Délit : jusqu'à 3 ans de prison et 90 000 euros d'amende | Code de la sécurité intérieure, art. L. 324-1 |
| Organiser une compétition de jeux vidéo en présence physique, avec droits d'inscription limités | Permis sous conditions, avec déclaration à l'administration | Code de la sécurité intérieure, art. L. 321-9 |
| Compétition entièrement en ligne avec droits d'inscription et gains | Non autorisée aujourd'hui, d'après l'exposé de la proposition de loi n° 2106 | Assemblée nationale[9] |
| Participation d'un mineur à une compétition | Possible avec l'autorisation de son représentant légal ; interdite aux moins de 12 ans si la compétition offre des récompenses monétaires | Code de la sécurité intérieure, art. L. 321-10 et R. 321-44 |
| Engagement d'un enfant de moins de 16 ans par une entreprise ou association de compétition | Autorisation individuelle préalable de l'administration | Code du travail, art. L. 7124-1, 4° |
Sources : Code de la sécurité intérieure et Code du travail (exports codes.droit.org[14], éditions du 15 et du 30/10/2026) ; ANJ ; Assemblée nationale.
Pourquoi le public jeune est concerné
Un public de 15 à 34 ans
Selon le baromètre 2023 de France Esports, réalisé auprès d'internautes de 15 ans et plus, 11,8 millions de personnes s'intéressent à l'e-sport en France, et 10,4 millions ont regardé au moins une compétition dans l'année. Un sous-groupe, les « esportifs amateurs » (inscrits à au moins une compétition dans l'année), compte 2,3 millions de personnes ; sur un échantillon de volontaires du collège de joueurs de France Esports, donc non représentatif, ils sont 93 % d'hommes et 91 % âgés de 15 à 34 ans[11]. Le baromètre n'interroge pas les moins de 15 ans.
Des mineurs déjà concernés
L'étude ENJEU-Mineurs 2025, réalisée avec l'ANJ auprès de 5 000 jeunes de 15 à 17 ans, mesure l'activité de jeu des mineurs, y compris sur des jeux sans offre légale. Résultats pour les paris sur le résultat de compétitions d'e-sport[10] :
| Part des 15-17 ans ayant parié sur l'e-sport dans l'année | 2021 | 2025 |
|---|---|---|
| Ensemble | 7,5 % | 5,7 % |
| Garçons | 10,0 % | 7,9 % |
| Filles | 4,9 % | 3,3 % |
La part recule, mais un garçon sur treize environ reste concerné. L'enquête ne distingue pas les sites : comme aucune offre légale n'existe, ces paris se font sur des sites non autorisés. Parmi les mineurs qui parient sur l'e-sport en ligne, un quart passe par le compte d'un parent avec son accord (25,9 %) et un cinquième utilise un compte personnel créé avec l'aide d'un parent (19,3 %). Ces sites échappent au contrôle de l'ANJ ; la page jeunes et mineurs détaille les âges légaux et les contrôles.
Les risques propres aux paris e-sport
Les risques des sites non autorisés
L'ANJ en cite quatre : aucune protection contre le jeu excessif, des données bancaires exposées, des logiciels ni contrôlés ni homologués, des escroqueries et prélèvements répétés[1]. En cas de litige, ni l'ANJ ni le médiateur des jeux ne sont compétents : l'ANJ renvoie vers la DGCCRF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), sur signal.conso.gouv.fr[13][4]. Les arnaques les plus fréquentes sont décrites dans la page arnaques au jeu en ligne. Pour vérifier un site, voir jeu en ligne : légal ou illégal. L'ANJ peut ordonner le blocage de ces sites.
Sur un site non autorisé, le taux de retour aux joueurs n'est ni plafonné ni contrôlé, alors qu'il est limité à 85 % en moyenne pour les paris agréés. La façon dont une cote se construit est expliquée sur sa page.
Des matchs qui peuvent être truqués
La liste sport de l'ANJ écarte les compétitions et les résultats les plus exposés à la manipulation. L'e-sport n'y figurant pas, aucun opérateur français n'est soumis à ce filtre ni à la surveillance de l'ANJ.
Skins, streaming et influenceurs
Le GREF (réseau de régulateurs européens du jeu) décrivait en 2019 le skin gambling, c'est-à-dire des jeux de hasard utilisant des objets virtuels comme monnaie, et notait que des tiers parient sur les performances de jeu, surtout sur des plateformes tierces[12]. Le gouvernement note aussi une vigilance sur les influenceurs qui font la publicité de sites illégaux en se filmant en train d'y jouer ; la DGCCRF a renforcé ses contrôles depuis 2023[8].
La frontière avec les jeux vidéo eux-mêmes est traitée à part : les loot boxes, skins et jeux à objets numériques monétisables relèvent d'une autre page. Les achats intégrés sont décrits dans microtransactions.
Si un jeune ou un proche parie sur l'e-sport
- Ne pas chercher à « récupérer » des sommes sur le site : aucun recours n'existe auprès de l'ANJ. Signaler les prélèvements non autorisés à la banque et sur signal.conso.gouv.fr.
- Signaler le site à l'ANJ, qui peut en ordonner le blocage[1].
- Parler du jeu avec l'intéressé avant de parler des sommes : voir aider un proche. Les risques propres à ces paris sont décrits dans addiction aux paris sportifs.
- Se faire aider : Joueurs Info Service, 09 74 75 13 13, 7 jours sur 7, de 8h à 2h, appel non surtaxé ; les CSAPA (centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie) accueillent aussi les familles. En cas de détresse, le 3114 répond 24h/24.
- Faire le point sur sa pratique : test rapport au jeu.
Questions fréquentes
Peut-on parier sur l'e-sport en France ?
Non. L'ANJ indique que tous les sites proposant des paris sur l'e-sport sont illégaux en France, et le gouvernement confirme que ces offres relèvent de l'offre illégale de jeux.
Quel site pour parier sur l'e-sport ?
Aucun site n'est légal pour cela en France. Les opérateurs agréés par l'ANJ proposent des paris sur les sports de la liste, pas sur les compétitions de jeux vidéo. Un site qui propose des paris e-sport à un joueur résidant en France est, selon l'ANJ, un site illégal. Pour vérifier un site, la méthode figure sur la page Jeu en ligne légal ou illégal.
Un mineur peut-il participer à une compétition d'e-sport ?
Oui, avec l'autorisation de son représentant légal, qui doit être informé des enjeux financiers de la compétition ; la participation des moins de 12 ans à des compétitions offrant des récompenses monétaires est interdite. En revanche, il ne peut en aucun cas parier : le jeu d'argent est interdit aux mineurs (art. L. 320-8).
Que risque un site qui propose des paris e-sport ?
Son exploitant encourt jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 90 000 euros d'amende (art. L. 324-1), et l'ANJ peut ordonner le blocage du site. Pour le parieur, l'ANJ décrit surtout des risques (données bancaires, argent non restitué) ; elle ne mentionne pas de sanction à son encontre.
Les loot boxes et les skins sont-ils des paris e-sport ?
Non, ce sont deux sujets distincts. Une loot box s'achète dans un jeu pour un contenu aléatoire ; un pari porte sur le résultat d'un match. Les deux relèvent de la prévention.
Sources
- ANJ, « Pourquoi je ne peux pas parier sur les compétitions de e-Sport ? » : https://anj.fr/foire-aux-questions/offre-de-jeu-legale-et-illegale/pourquoi-je-ne-peux-pas-parier-sur-les
- ANJ, « Les paris sportifs » (liste sport, e-sport) : https://anj.fr/les-paris-sportifs
- ANJ, liste des compétitions sportives supports de paris autorisés (annexe 1, décision 2026-159) : https://ressources.anj.fr/sport/competitions_sportives_support_paris_autorises.pdf?_=2026-007
- ANJ, FAQ « J'ai un litige avec un site illégal » : https://anj.fr/foire-aux-questions/offre-de-jeu-legale-et-illegale/je-rencontre-un-litige-avec-un-site-illegal
- ANJ, rapport annuel 2025 : https://anj.fr/sites/default/files/2026-06/Rapport%20annuel%202025%20web.pdf
- Code de la sécurité intérieure, articles L. 320-1, L. 320-6, L. 320-8, L. 321-8 à L. 321-10, L. 322-13, L. 324-1, R. 321-44 (export codes.droit.org, édition du 15/10/2026) : https://codes.droit.org/PDF/Code%20de%20la%20s%C3%A9curit%C3%A9%20int%C3%A9rieure.pdf
- Code du travail, article L. 7124-1 (export codes.droit.org, édition du 30/10/2026) : https://codes.droit.org/PDF/Code%20du%20travail.pdf
- Assemblée nationale, question écrite n° 16939 et réponse du 11 juin 2024 : https://questions.assemblee-nationale.fr/dyn/16/questions/QANR5L16QE16939.pdf
- Assemblée nationale, proposition de loi n° 2106 « pour un esport responsable et attractif » (18/11/2025) : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2106_proposition-loi.pdf
- ARPEJ, « Étude ENJEU-Mineurs 2025 » (La Clé n° 7, février 2026) : https://arpej.eu/content/files/2026/02/LA-CLE--7---ENJEU-MINEURS-2025---ARPEJ-FE-VRIER-2026-1.pdf
- France Esports, « Baromètre France Esports 2023 » : https://www.france-esports.org/wp-content/uploads/2023/10/Barometre-France-Esports-2023-Rapport.pdf
- GREF, synthèse des travaux du groupe « jeux en ligne » (mai 2019), publiée sur anj.fr : https://anj.fr/sites/default/files/2019-12/Synth%C3%A8se%20des%20travaux%20du%20groupe%20de%20travail%20GREF.pdf
- Signal Conso (DGCCRF) : https://signal.conso.gouv.fr
- codes.droit.org, exports des codes juridiques : https://codes.droit.org
Photo d'en-tête : Yan Krukau, Pexels



